Comme son titre l’indique, cet article n’a pas pour but de débattre sur les risques liés au développement croissant de l’intelligence artificielle (déshumanisation, obsolescence humaine), mais plutôt de réfléchir sur l’utilisation que les formateurs pourraient en faire dans un avenir proche.

Bien employée, l’IA peut en effet s’avérer un excellent outil pour mettre au point un parcours d’e-learning intelligent et personnalisé.

Je précise que cet article n’a pas été rédigé par ChatGPT ;-)

Apport n°1 : Le meilleur de l’adaptative learning

La compétence numéro 1 de l’IA est évidemment l’analyse de données. L’accès au big data offre en effet à l’intelligence artificielle des ressources presque infinies.   

Pour cette raison, l’IA constitue aujourd’hui la forme la plus aboutie de l’adaptative learning. Les + ? Pas de test préalable pour établir le niveau du stagiaire et la possibilité d’un réajustement spontanée à chaque interaction tout en continuant de suivre les objectifs pédagogiques que vous avez définis.

Comme dans une arborescence du type « Livre dont on est le héros » où chaque réponse/action dirige vers une nouvelle étape, l’IA remodèle à chaque instant ses questions et explications en fonction des réactions de l’apprenant dans un véritable dialogue pédagogique. Ce dialogue est d’ailleurs d’autant plus fluide que les réponses de la machine ne sont pas préétablies mais qu’elles intègrent réellement les particularités de l’échange en cours.

Vous l’avez compris : l’avantage de l’IA consiste ici dans la très forte personnalisation pédagogique qui permet un apprentissage plus efficace et remédie à l’ennui ou aux phénomènes de décrochage.

Apport n°2 : La recommandation de contenus

Par un jeu d’algorithmes comparable à celui de Youtube ou Netflix, l’IA employée en formation professionnelle est également susceptible de faire de la recommandation de contenus centrée sur l’intérêt manifesté par les apprenants pour telle ou telle notion et/ou sur les lacunes repérées dans le champ des compétences visées ou des compétences annexes.

Le stagiaire se voit ainsi suggérer à intervalle régulier des contenus d’une très grande pertinence au regard de ses propres performances d’apprenant et la probabilité qu’il s’ouvre à ces nouveaux contenus est naturellement plus forte.

Apport n°3 : L’automatisation des corrections

Autre application utile : l’automatisation des corrections pour toutes les évaluations de type quizz, tests, etc. qui permet de soulager le formateur d’une tâche chronophage à très faible valeur ajoutée. Autrement dit : un gain de temps appréciable !

Apport n°4 : Le diagnostic de l’expérience apprenant

Les progrès de l’IA dans la compréhension de l’humain et notamment dans la lecture des émotions (sentiments exprimés, inclinations de voix, attitudes faciales et corporelles) affinent aujourd’hui nos rapports avec la machine. Comme un formateur de chair et d’os, l’intelligence artificielle est désormais susceptible de décoder des signes d’intérêt, de lassitude, de frustration, etc. et proposer pour chaque état des réponses adaptées.

Elle analyse également en temps réel les performances d’apprentissage individuelles (durée de connexion, participation aux discussions, etc.).

Un formateur en e-learning appréciera particulièrement cette lecture fine de l’expérience pédagogique de ses différents stagiaires qui lui permettra d’agir rapidement en direction de tel ou tel si l’intelligence artificielle l’alerte sur une possible perte d’intérêt ou de motivation. Mieux que l’IA, il saura alors apporter l’aide et le soutien requis grâce à cette « humanité » à laquelle les apprenants accordent toujours autant de prix que par le passé et qui garantit encore au métier de formateur un avenir durable.

Non : le dernier formateur n’est pas encore né ;-)  

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